Les biensfaits de l’exercice sur la santé mentale

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D’après l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) sur la Santé mentale de 2012 de Statistique Canada, près d’un adulte sur huit (12,6 %) a indiqué avoir souffert à un moment de sa vie de symptômes qui répondent aux critères d’un trouble de l’humeur, dont 11,3 % pour une dépression et 2,6 % pour un trouble bipolaire1. De plus, de façon générale, les études montrent des taux plus élevés de dépression chez les femmes que chez les hommes : le ratio moyen femmes-hommes est de 2 pour 12.

Les troubles communs de santé mentale (dépression, troubles anxieux, troubles d’adaptation, etc. ) nous entraînent généralement dans un cercle vicieux d’isolement social et d’apathie, facilitant un déconditionnement physique qui entraînera une baisse d’énergie et une augmentation de sensation de douleur.

Lors de cette période, il est généralement observé l’apparition d’un déséquilibre hormonal, dont un déficit des neurotransmetteurs qui favorisent le bien-être (sérotonine, noradrénaline et dopamine), ainsi qu’une libération du cortisol (reliée au stress).

L’effet bien-être de l’exercice

Afin de prévenir les troubles de santé mentale, mais aussi pour sortir de ces cercles vicieux, la réactivation par les exercices cardiovasculaires aide à mieux gérer l’anxiété, les émotions et l’état dépressif. Une étude3 de 10 mois effectués au Centre médical de l’université situé à Durham en Caroline du Nord a démontré que l’exercice était aussi efficace que le médicament (60%), mais que les personnes qui avaient pratiqué les exercices physiques avaient statistiquement moins de risques de faire une rechute que ceux ayant pris la médication.

La pratique régulière d’exercice augmente la sécrétion naturelle de la sérotonine et diminue la sécrétion du cortisol (hormone du stress4), ce qui crée un effet antidépresseur. De plus lors d’activité physique intense, l’hypophyse et l’hypothalamus sécrètent des endorphines qui a une capacité analgésique (similaire à celle que procure la morphine) et procure une sensation de bien-être dans tout le corps, voire d’euphorie5.

Selon le Dr Jack Raglin, de l’Université d’Indiana, « les bienfaits ou effets de l’exercice ne dépendent pas seulement d’une libération d’endorphines, parce que nous constatons des améliorations de l’humeur et des bienfaits psychologiques après la pratique d’exercices physiques trop modérés pour produire une sécrétion d’endorphines importante. »

Recommandation

Toujours selon le Dr Raglin, une pratique quotidienne de 20 à 30 minutes d’exercice d’intensité modéré serait suffisante pour influencer les facteurs de santé. En plus d’avoir un effet sur la gestion du stress, l’activité physique favorise une meilleure qualité du sommeil, permet de diminuer les fréquences cardiaques, d’améliorer la capacité cardiorespiratoire, de diminuer les risques de troubles métaboliques (ex.: diabètes) et cardiovasculaires et de rentrer en contact avec d’autres personnes dans un environnement positif.

Conseils

Faites attention de ne pas tomber dans le surentraînement. L’intégration progressive d’activité physique à son mode de vie est bénéfique pour le maintien à long terme et en se fixant des objectifs simples, mesurables, atteignables, réalisables à court terme il sera possible d’obtenir plusieurs petites victoires. Un sentiment d’auto-efficacité grandissant favorisera le maintien d’un mode de vie sain et préviendra les rechutes.

Références

  1. Pearson, Caryn, Teresa Janz and Jennifer Ali. 2013. « Mental and substance use disorders in Canada » Health at a Glance. September. Statistics Canada Catalogue no. 82-624-X.
  2. Canadian Psychiatric Association. Canadian clinical practice guidelines for the treatment of depressive disorders. Revue canadienne de psychiatrie = Can J Psychiatry. 2001;46:Supp1.
  3. Babyak, Michael, J.A. Blumenthal, S. Herman, P. Khatri, M. Doraiswamy, K. Moore, W.E. Craighead, T.T. Baldewicz and K.R. Krishnan. 2000. « Exercise Treatment for Major Depression: Maintenance of Therapeutic Benefit at 10 Months » Psychosomatic Medicine 62:633–638
  4. Centre d’étude sur le stress humain. « Biologie du stress ».(Consulté le 24 janvier 2017)
  5. Scheve, Tom. « Happiness, Exercise and Endorphine ». (Consulté le 24 janvier 2017).