Lutter contre la dépression, Le Grand Défi Tetrotop de Jessica Lange.

photo de Jessica lange pour le Grand défi Tetrotop

La pratique d’une activité physique est une source d’éveil et de motivation. C’est le message que Jessica Lange, 39 ans, 3 enfants de 5/13/15 ans, mariée, veut faire passer à travers le Grand Défi et la fondation Tetrotop. Deux projets qu’elle a créés et qui l’inspirent tous les jours, résultants du combat de sa dépression.

Q. Comment avez-vous eu l’idée du Grand Défi Tetrotop ?

R. Il y a deux ans, j’ai subi une dépression à laquelle je ne m’attendais pas du tout, je ne pensais pas être dans cet état. C’était pour moi comme un passage saisonnier dû à la fatigue. Le rythme de « métro/boulot/dodo » ne me convenait pas à cause des distances quotidiennes entre les enfants, le travail… Je ne me rendais pas compte que je sombrais petit à petit, et que je m’apprêtais à perdre mon mari. Cette accumulation de fatigue et de pression m’a forcée à aller voir une médecin. C’est elle qui m’a annoncé que j’étais en dépression. Au début, je ne l’ai pas cru. Mais c’est moi qui étais dans le déni.

Hormis les médicaments, elle m’a également prescrit une ordonnance à laquelle je ne m’attendais pas du tout : celle d’aller marcher 30 minutes par jour. Ayant toujours aimé la course à pied, j’ai trouvé ça très facile sur le coup. Mais au contraire, je me suis aperçue dès le lendemain que ça avait été un vrai supplice. Je n’étais même pas parvenue à marcher ces 30 minutes. Ma motivation était au plus bas. Je ne voulais pas sortir, ni m’oxygéner. J’ai tout de même persévéré, car j’avais la volonté de guérir. Je voulais retrouver la vraie Jessica joyeuse, en cohérence avec elle même.

Cette période a été très compliquée pour moi. Il a fallu que je me trouve des astuces pour y arriver. Par exemple, j’allais marcher dans des parcs plutôt que dans les rues. J’avais l’impression que le temps s’y arrêtait, j’étais en émerveillement devant ce paysage alors qu’avant, tout était vide. La marche m’a petit à petit amené vers les longues distances pour reprendre, comme avant, la course à pied sur de longues distances.

Une autre technique qui m’a beaucoup aidé a été de créer des aimants que j’ai placés sur mon frigo. Le premier a été « Bouge-toi ». À chaque fois que je le voyais, je me motivais à passer la porte. Ensuite, à côté de mon lit « Je me lève tôt le matin pendant que mes excuses dorment encore. ». Ça me motivait à me lever plus tôt et aller au travail en courant, ce qui me prenait évidemment plus de temps.

Tous les encouragements extérieurs, ma famille, mon environnement, mon médecin, m’ont beaucoup aidé. Je me suis remise en lien avec ma communauté de coureurs. On vibre sur la même longueur, on a des choses à partager. Voir cet environnement dynamique et heureux aide à se relever. L’entourage est très important.

Le message que j’aimerais passer et auquel j’aspire, qui est la raison du défi, c’est que l’ordonnance du médecin est vraiment efficace. J’aimerais pouvoir aider ces personnes à bouger plus, parce que je me suis rendue compte que l’activité physique est essentielle dans nos vies. Quand on bouge régulièrement, on retrouve notre énergie, on développe son estime et sa confiance, sa fierté, son progrès. L’activité physique est essentielle. C’est elle qui m’a sorti de la dépression. Ma passion c’est la course à pied. Mais l’essentiel est de trouver sa propre activité physique qui nous motive, qui nous fait vibrer à l’intérieur. Le Grand Défi Tetrotop et la fondation ont été créés dans cet objectif.

Q. En quoi consiste le défi?

R. Le défi que je me suis lancée est de courir 1117km en 26 jours. Je pars de Québec le 20 mai, de la fondation CERVO, pour me rendre jusqu’à Halifax, et poursuivre mon trajet en France, de Paris à Chartres.

Ce défi a plusieurs objectifs :

– Aller rejoindre mon frère, Jordane, atteint de problèmes de santé mentale. C’est comme un message d’espoir pour les personnes qui vivent la même chose que lui.

– Recueillir 50.000$ pour la fondation CERVO, qui soutient les personnes atteintes de problème de santé neurologique, mentale ou de dépression.

Cette fondation implique des chercheurs sur le cerveau et les maladies qui lui sont liées. J’y tiens car mon frère s’est retrouvé atteint de schizophrénie quand il était jeune, suite au décès de notre mère à l’âge de 9 ans. Étant un peu plus grande, j’ai pu me faire suivre et aller chercher de l’aide, tandis que mon frère s’est beaucoup renfermé sur lui même. Ça a été un élément déclencheur de sa maladie.

Quand je l’ai eu au téléphone au mois d’août dernier, il m’a annoncé qu’il aspirait à une vie heureuse, à une vie normale, mais que c’était impossible pour lui. Ça m’a beaucoup ébranlée car je me suis revue deux ans auparavant avec le même discours. C’est d’ici que j’ai eu l’envie et le besoin de faire changer les choses.

– Sensibiliser les personnes à une bonne santé psychologique par l’activité sportive.

Si j’arrive à ma manière à faire prendre conscience et sensibiliser les personnes, ce sera pour moi l’apothéose. Ce défi, je le fais pour la première fois cette année, mais je recommencerai l’an prochain, et ainsi de suite. J’aimerais pouvoir intervenir à l’échelle mondiale.

J’ai également créé la fondation Tetrotop, une OBNL. On s’entoure d’ambassadeurs de toute la francophonie mondiale qui organise des événements sportifs, des défis, pour faire bouger les gens avec passion. Les ambassadeurs ne sont pas que des passionnés de course. Il y a aussi en triathlon, en yoga… Tous les ambassadeurs ont une passion pour leur sport. Ils organisent des petits événements sportifs pour faire bouger les gens. Chaque année, les fonds récoltés iront à des fondations différentes, des organismes communautaires en lien avec la santé psychologique.

Q. Comment la communauté peut-elle suivre votre parcours?

R. Je cours seule la majorité du temps. Une voiture suiveuse sera présente pour ma sécurité. Le 20 mai, j’organise un événement de départ avec tous mes commanditaires et les personnes qui me soutiennent. On se rejoint à la fondation CERVO, pour une présentation de celle-ci, d’un chercheur, un discours… À 9h30, je débuterai le défi. Certaines personnes courront avec moi sur les premiers kilomètres, et j’invite toutes les personnes si elles le souhaitent à se joindre au groupe. Si des personnes veulent parcourir un petit bout de chemin avec moi à un certain endroit, c’est avec un immense plaisir et une grande reconnaissance que je parcourrai quelques kilomètres avec eux. Des vidéos seront réalisées tous les jours pour expliquer l’avancée du projet et publiées sur Facebook et YouTube. Je resterai toujours joignable si on souhaite me contacter pour se retrouver.

Pour me soutenir, j’invite les personnes et les organisations à me soutenir en commanditant chacun de mes kilomètres au coût de 25$. Je ferai parvenir des photos aux donateurs pendant mon parcours. Pour toute information supplémentaire, un site dédié à la fondation du Grand Défi Tetrotop a été créé : https://tetrotop.com/.

« Le véritable espoir est accompagné d’action; sinon il ne s’agit que d’un souhait. »

Parlez à votre médecin de l’importance d’intégrer l’activité physique à votre quotidien. Votre kinésiologue saura vous guider quant aux objectifs réalistes qui conviennent à votre réalité et vous aidera à bien doser votre entrainement.

Pour soutenir le Grand Défi Tetrotop de Jessica, n’hésitez pas à la suivre sur Facebook : https://bit.ly/2YaatMI et sur YouTube : https://www.youtube.com/channel/UCGVYorHURt21735m6Qq_wfw.


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