Après combien de temps peut-on faire du sport après une entorse?


Auteur(s) : 


Une fois un ligament lésé, une bonne récupération est de mise. Les gens ont souvent hâte de reprendre leur activité sportive aussitôt. Bien que l’activité qui a provoqué la blessure soit à éviter dans les premiers temps suivant l’incident, est-il possible de continuer à s’entraîner pour éviter de perdre ses acquis ? Heureux de lire la réponse seront les sportifs de ce monde : suite à une entorse, il est recommandé de continuer à solliciter son système cardiovasculaire afin de mieux irriguer le ou les tissus endommagés. C’est plutôt avec l’activité qui a causé la blessure qu’il faudra être prudent, mais surtout progressif.

L’entorse

Tout dépendant de la gravité de la blessure, une entorse est une élongation ou une déchirure d’un ou plusieurs ligaments, structures qui renforcent et stabilisent une articulation. On retrouve 3 degrés d’entorse :

1er degré : Élongation 

La douleur est subite, mais temporaire et l’œdème est faible ou absent. Il est possible de voir apparaître un hématome, c’est-à-dire une tache sur la peau produite par un amas de sang à l’intérieur du tissu. L’articulation demeure stable puisque l’état de la structure demeure pratiquement intact. À ce niveau, le retour à l’activité physique sera précoce. Bien que cela demeure relatif à chacun, il est réaliste d’espérer un temps de guérison de 2 à 4 semaines.

2e degré : Déchirure partielle

Une déchirure partielle du ligament peut être plus ou moins grave, tout dépendant du pourcentage de la déchirure par rapport au ligament. Une telle blessure provoque une douleur subite qui persiste. L’œdème et l’hématome sont plus importants et demeurent localisés après 24 à 48 heures. Dans certains cas, il est possible qu’apparaisse une hémarthrose, c’est-à-dire du sang dans l’articulation. L’état fonctionnel de l’articulation est grandement diminué. Avec une déchirure partielle, la protection est nécessaire. Il faut « taper » l’articulation au plus vite pour éviter que les liquides ne se promènent. Une entorse de deuxième degré amènera un affaiblissement important des structures. Dans ce cas, la guérison prendra généralement plus de 6 semaines.

3e degré : Déchirure complète du ligament

Une entorse de troisième degré provoque une douleur subite et intense qui disparaît. L’œdème se propage et un hématome important apparaît. Dans ce cas, l’hémarthrose est plus fréquente. Généralement, l’instabilité fonctionnelle est permanente et l’intégrité de la structure est perdue. Une protection prolongée est de mise et la chirurgie peut être recommandée, le ligament déchiré complètement ne pouvant se rattacher par lui-même.

Réparation du tissu

Lorsqu’il y a déchirure partielle, le ligament se reconstruit à partir de tissu cicatriciel fibreux. Ce tissu, moins souple et moins fort, va donc combler le vide créé par la déchirure et résulter en un ligament plus faible que l’original. Le risque de récidives s’en trouve donc augmenté : après une première entorse, votre risque de subir une seconde entorse augmente de 2 fois ! Pour ce qui est de la guérison, son temps variera d’une blessure à l’autre, selon la taille et les forces auxquelles l’articulation sera soumise. Par exemple, un doigt prendra moins de temps à récupérer qu’un genou, le genou supportant le poids du corps.

Les professionnels

Suite au diagnostic, le physiothérapeute pourra déterminer la gravité de la lésion et s’occuper de celle-ci en phase aiguë.

Pour ce qui est du kinésiologue, celui-ci vous aidera à maintenir ou retrouver vos capacités en vous prescrivant des exercices cardiovasculaires et musculaires, le plus tôt possible, qui ne provoquent pas de douleur ni ne mettent votre articulation sous tension. Il faudra optimiser votre proprioception, votre force et votre mobilité. Plus on avancera dans le temps, plus les exercices seront spécifiques à votre activité, votre sport ou votre travail.

Conclusion

Finalement, il est effectivement avantageux pour vous de continuer à bouger suite à une entorse. En phase aiguë, l’immobilisation, la compression et l’élévation de l’articulation seront importantes. On reprendra l’entraînement en évitant la douleur, ce qui signifie que l’on évitera de mettre l’articulation sous tension et que l’activité qui a causé la blessure sera possiblement à proscrire. Le temps avant de reprendre cette activité dépendra entre autres de la gravité de la blessure, de la progression dans l’entraînement ainsi que de votre optimisme face à votre guérison. D’ici là, il faudra stimuler votre système cardiovasculaire par d’autres moyens !

Lexique

Oedème: Gonflement notable dû à une accumulation de liquide dans les tissus corporels.

Hémarthrose: Accumulation de sang dans une articulation ou une cavité

Tissu cicatriciel fibreux: Produit par les cellules nommées fibroblastes pour combler le vide de la blessure. Il est composé principalement de fibres de collagènes. Ce processus apparaît lorsqu’une partie de l’organe est gravement endommagé et ne peut être régénéré.

Références :

Anderson, M. K., & Parr, G. P. (2013). Foundations of Athletic Training. In M. K. Anderson, & G. P. Parr, Anderson, Marcia K.; Parr, Gail P.; (p. 957). Baltimore, Maryland, United States: Wolters Kluwer.

Laperrière, D. (2016). KIN-3501 : Intégration I (Blessures sportives : 1re partie). Recueil inédit. Université Laval.

Dubois, Blaise. (2018). Nouveautés dans la prévention des blessures en course à pied. Communication présentée à la certification de la Clinique du Coureur par Bia Formations, Québec.

Desrosiers, Simon. Démystifier l’entorse. Repéré à : http://guides.bib.umontreal.ca/disciplines/20-Citer-selon-les-normes-de-l-APA?tab=108

McGuine, T. A., & Keene, J. S. (2006). The effect of a balance training program on the risk of ankle sprains in high school athletes. The American journal of sports medicine34(7), 1103-1111.

McKinley, M. P., O’Loughlin, V. D., Pennefather-O’brien, E. E., & Harris, R. T. (2015). Integumentary System. In M. P. McKinley, V. D. O’Loughlin, E. E. Pennefather-O’brien, & R. T. Harris, Human Anatomy (Vol. Fourth Edition, p. 135). New York, NY, United States: McGraw Hill.

McKinley, M. P., O’Loughlin, V. D., Pennefather-O’brien, E. E., & Harris, R. T. (2015). Vessels and Circulation. In M. P. McKinley, V. D. O’Loughlin, E. E. Pennefather-O’brien, & R. T. Harris, Human Anatomy (Vol. Fourth Edition, p. 718). New York, NY, United States: McGraw Hill.


Articles similaires