L’activité physique a t-elle un effet sur notre perception du goût ?

3 adolescents profitent d'une boisson sucrée après avoir joué au football soccer

Après une séance de randonnée bien ardue, vous revenez au centre d’informations au point de départ des sentiers, et vous repérez un distributeur de boissons gazeuses; dès lors, vous vous précipitez dessus pour acheter votre breuvage sucré favoris, bien qu’il vous reste au moins un litre d’eau dans votre sac. Cette situation vous est familière ? C’est normal, cela nous est tous arrivé. Mais est-ce que ces soudaines sensations de saveurs et de goût développées sont dues à l’activité physique ?

Une histoire de satiété sensorielle…

On peut prendre l’exemple de la boisson électrolytique désaltérante de type Gatorade® pour mieux illustrer le concept de l’augmentation du goût.

De ce fait, si l’on boit une gorgée de cette boisson lorsque notre corps est en mode inactif et passif, le goût sucré n’est pas très prononcé et même plutôt fade. À l’opposé, lorsque nous bougeons et que nous effectuons un effort physique d’intensité moyenne à élevée, le goût nous semble très sucré et savoureux. Une boisson bue au repos aurait ainsi un goût différent après quelques minutes d’exercice.

Dans une étude parue en 2004, Horio et collaborateurs ont observé chez leurs sujets une préférence gustative pour différentes substances sucrées après une séance d’activité physique (Horio, 2004). Ces auteurs rapportent également qu’après une séance d’exercice physique, les sujets testés avaient une plus haute préférence pour les goûts sucrés et acides, mais qu’aucune différence n’avait été mesurée pour les goûts salés, amers et umami (Horio & Kawamura, 1998).

L’augmentation de la perception des goûts est un mécanisme qui pourrait expliquer pourquoi l’ingestion de macronutriments diminue peu de temps après avoir effectué un exercice physique. Étant donné que certains goûts nous sembleraient plus forts, on atteindrait la satiation sensorielle plus rapidement, ce qui aurait potentiellement pour effet de diminuer l’ingestion calorique (Vickers et al., 2001). La pratique régulière d’une activité physique modérée agirait donc comme un régulateur d’appétit.

Et du côté de la perception des goûts gras et salé ?

Peu de recherche porte sur la composante grasse et salée de l’alimentation et l’effet anorexigène. Une étude récente de Sayed et collègues a démontré que les enfants obèses ont une perception du goût gras plus faible que chez les enfants ayant un poids normal (Sayed et al., 2015). L’étude conduite par Crystal et al. (Crystal, Frye, & Kanarek, 1995) révèle que des nageuses athlétiques avaient une perception des goûts gras et sucrés plus accentuée par rapport au groupe témoin qui s’entrainait moins que 3h par semaine, mais aucune différence fut observée entre les nageuses avant et après une saison athlétique. Par conséquent, les perceptions des goûts sucrés et gras devraient aller dans le même sens et être plus prononcées suite à la pratique d’une activité physique.

Donc bouger est-il si bénéfique au niveau sensoriel ?

En bref, la pratique d’activité physique peut provoquer une sensation anorexigène durant la période post-exercice (Bouger plus pour manger moins) et ainsi contribuer à créer une balance énergétique négative. De plus, la perception des goûts semble accentuée, ce qui joue un rôle sur la prise de macronutriments après la pratique d’une activité physique. Quant à l’olfaction, qui a tendance à diminuer avec l’âge, une séance d’exercice semble pouvoir l’affiner, alors que la pratique régulière d’activité physique permet de freiner son déclin.

Saviez-vous que…

L’Université de Montréal effectue présentement un projet de recherche visant à évaluer l’impact de l’activité physique sur les perceptions sensorielles. De façon spécifique, ce projet vise à vérifier si la perception des goûts et des odeurs dans la période post-exercice change selon le moment de la pratique de l’exercice. De même, faire de l’activité physique permettrait de conserver son odorat !


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